QCM Pharmacologie
Cache les réponses, réponds à chaque question, puis déplie chaque explication. 15 questions · Compter 1 pt par bonne réponse · Score ≥ 12/15 = maîtrisé ✅
Question 1
Un patient doit recevoir de l'amoxicilline 1g IV. Avant l'administration, l'IDE doit vérifier la règle des 5B. Quel élément NE fait PAS partie de cette règle ?
- A. Bon médicament
- B. Bon patient
- C. Bon prescripteur
- D. Bonne voie d'administration
Explication : La règle des 5B comprend : Bon médicament, Bon patient, Bonne dose, Bonne voie, Bon moment. Le prescripteur est vérifié lors de la validation de l'ordonnance, mais il ne fait pas partie des 5B qui concernent l'acte d'administration lui-même. Certains établissements ajoutent une 6e vérification (Bonne traçabilité), mais jamais le prescripteur.
Question 2
Vous devez administrer un médicament par voie sous-cutanée. Quelle affirmation est exacte ?
- A. Le volume maximum injecté est de 5 mL
- B. On aspire systématiquement avant d'injecter pour vérifier l'absence de reflux sanguin
- C. Le volume maximum injecté est de 1 à 1,5 mL
- D. L'angle d'injection est de 90° dans tous les cas
Explication : La voie SC accepte un volume max de 1 à 1,5 mL. L'aspiration avant injection SC n'est plus recommandée par les sociétés savantes (risque de douleur et d'hématome sans bénéfice prouvé pour l'insuline et les HBPM). L'angle varie entre 45° et 90° selon l'adiposité du patient.
Question 3
Un patient sous warfarine (Coumadine®) présente un INR à 6,5 sans saignement actif. Quelle est la conduite à tenir prioritaire ?
- A. Administrer de la vitamine K1 per os et suspendre la warfarine
- B. Administrer du PPSB (concentré de complexe prothrombinique) en IV
- C. Administrer de la protamine en IV
- D. Poursuivre la warfarine à dose réduite et recontrôler l'INR à 48h
Explication : Pour un surdosage en AVK sans saignement, le traitement repose sur la suspension de l'AVK et l'administration de vitamine K1 (antidote des AVK) per os. Le PPSB est réservé aux surdosages graves avec hémorragie engageant le pronostic vital. La protamine est l'antidote de l'héparine non fractionnée, pas des AVK.
Question 4
Quel est l'antidote spécifique du dabigatran (Pradaxa®), un anticoagulant oral direct (AOD) ?
- A. Vitamine K1
- B. Protamine
- C. Idarucizumab (Praxbind®)
- D. Andexanet alfa (Ondexxya®)
Explication : L'idarucizumab est l'antidote spécifique du dabigatran (anti-IIa). L'andexanet alfa est l'antidote des anti-Xa (rivaroxaban, apixaban). La vitamine K1 est l'antidote des AVK, et la protamine est l'antidote de l'héparine non fractionnée. Connaître ces antidotes est essentiel en situation d'urgence hémorragique.
Question 5
Un patient sous AVK doit prendre de l'ibuprofène pour une douleur dentaire. Quelle est votre réaction en tant qu'IDE ?
- A. C'est possible, les AINS sont compatibles avec les AVK
- B. Vous alertez le médecin : interaction majeure potentialisant l'anticoagulation et risque hémorragique
- C. Vous proposez du paracétamol à la place, sans avertir le médecin
- D. Vous conseillez de réduire la dose d'AVK avant de prendre l'ibuprofène
Explication : L'association AVK + AINS est une contre-indication relative majeure : les AINS potentialisent l'effet anticoagulant des AVK (compétition protéique) et augmentent le risque de saignement digestif par effet gastrotoxique propre. L'IDE doit alerter le médecin et ne jamais modifier seul une prescription. Le paracétamol est l'antalgique de choix chez le patient sous AVK.
Question 6
Lors d'un traitement par aminosides (gentamicine), quelle surveillance est indispensable ?
- A. Surveillance de la kaliémie et de l'ECG
- B. Surveillance de la créatininémie et de l'audiogramme
- C. Surveillance de l'INR et de la numération plaquettaire
- D. Surveillance de la glycémie et de la TSH
Explication : Les aminosides sont néphrotoxiques (toxicité tubulaire rénale) et ototoxiques (atteinte cochléaire et vestibulaire irréversible). La surveillance biologique repose sur la créatininémie (fonction rénale) et le dosage résiduel. L'audiogramme est recommandé pour les traitements prolongés. En cas d'insuffisance rénale, les intervalles d'injection sont espacés.
Question 7
Un patient sous digoxine présente une bradycardie à 42/min, des nausées et des troubles de la vision (halos colorés). Que suspectez-vous en priorité ?
- A. Une insuffisance cardiaque décompensée
- B. Une intoxication aux digitaliques
- C. Un effet indésirable bénin ne nécessitant pas d'intervention
- D. Une hypoglycémie
Explication : La triade bradycardie + troubles digestifs (nausées, vomissements) + troubles visuels (halos jaunes ou verts, vision floue) est caractéristique de l'intoxication digitalique. La fenêtre thérapeutique de la digoxine est très étroite (0,5-2 ng/mL). L'IDE doit immédiatement prévenir le médecin, arrêter la digoxine, et préparer la surveillance ECG. L'antidote est le Fab anti-digoxine (Digidot®).
Question 8
Chez un patient diabétique de type 1, vous administrez de l'insuline glargine (Lantus®). Quelle affirmation est correcte ?
- A. C'est une insuline rapide à administrer 15 min avant les repas
- B. C'est une insuline lente à action prolongée (24h), à injecter 1 fois par jour
- C. Elle peut être mélangée avec de l'insuline rapide dans la même seringue
- D. Elle s'administre par voie intraveineuse en cas d'urgence
Explication : La glargine est une insuline basale de longue durée d'action (20-24h), sans pic d'action, injectée 1 fois/jour en SC. Elle ne doit JAMAIS être mélangée avec d'autres insulines (modification du profil pharmacocinétique) ni administrée par voie IV. Les insulines rapides (Novorapid®, Humalog®) sont utilisées en prandial et peuvent être administrées en IV en réanimation.
Question 9
Selon la classification OMS de la douleur, à quel palier appartient la morphine ?
- A. Palier I (analgésiques non opioïdes)
- B. Palier II (opioïdes faibles)
- C. Palier III (opioïdes forts)
- D. Palier IV (anesthésiques généraux)
Explication : L'OMS classe les analgésiques en 3 paliers : I = paracétamol, AINS, aspirine ; II = tramadol, codéine (opioïdes faibles) ; III = morphine, oxycodone, fentanyl (opioïdes forts). La morphine est le chef de file du palier III. Il n'existe pas de palier IV dans la classification OMS officielle.
Question 10
Un patient sous morphine présente une fréquence respiratoire à 8/min avec une désaturation. Quel médicament administrez-vous en urgence ?
- A. Flumazénil (Anexate®)
- B. Naloxone (Narcan®)
- C. Néostigmine
- D. Atropine
Explication : La naloxone est l'antagoniste spécifique des opioïdes. Elle lève la dépression respiratoire induite par la morphine en moins de 2 minutes. La dose est de 0,4 mg IV (ou 0,1 mg par 0,1 mg selon les protocoles pour éviter le syndrome de sevrage brutal). La durée d'action de la naloxone (30-45 min) est plus courte que celle de la morphine : une surveillance rapprochée et des réinjections peuvent être nécessaires. Le flumazénil est l'antagoniste des benzodiazépines.
Question 11
Quelle voie d'administration garantit la meilleure biodisponibilité (100%) d'un médicament ?
- A. Voie orale
- B. Voie intramusculaire
- C. Voie intraveineuse
- D. Voie transdermique
Explication : La biodisponibilité est le pourcentage de médicament qui atteint la circulation systémique. La voie IV est la référence à 100% car le médicament est directement injecté dans le sang, sans effet de premier passage hépatique. La voie orale est soumise à l'effet de premier passage hépatique (biodisponibilité variable). La voie IM offre une biodisponibilité élevée mais variable selon la vascularisation.
Question 12
Un patient sous IEC (énalapril) prend également de l'ibuprofène. Quel risque majeur associez-vous à cette association ?
- A. Hypotension orthostatique sévère
- B. Insuffisance rénale aiguë
- C. Hyperkaliémie fatale
- D. Syndrome hémorragique
Explication : L'association IEC + AINS est déconseillée car elle peut provoquer une insuffisance rénale aiguë fonctionnelle (IRA). Les IEC diminuent la vasoconstriction de l'artériole efférente et les AINS réduisent la vasodilatation de l'artériole afférente : la pression de filtration glomérulaire s'effondre. Ce risque est majoré en cas de déshydratation. L'IDE doit signaler cette association au médecin.
Question 13
Quelle est la bêta-lactamine la plus fréquemment responsable de réactions allergiques croisées avec la pénicilline ?
- A. Les carbapénèmes
- B. Les céphalosporines de 1ère génération
- C. Les monobactames (aztréonam)
- D. Les céphalosporines de 3ème génération
Explication : Les céphalosporines de 1ère génération (céfalexine, céfazoline) ont une chaîne latérale proche de celle des pénicillines, d'où un risque de réaction croisée plus élevé. Le risque de cross-réactivité global entre pénicillines et céphalosporines est estimé à 1-2%. L'aztréonam (monobactame) présente peu de réaction croisée avec la pénicilline. En cas d'allergie documentée à la pénicilline, il faut vérifier les antécédents précis avant toute administration de céphalosporine.
Question 14
Concernant la surveillance d'un patient sous lithium, quelle est la lithiémie thérapeutique cible pour un traitement d'entretien ?
- A. 0,1 - 0,3 mmol/L
- B. 0,6 - 0,8 mmol/L
- C. 1,5 - 2,0 mmol/L
- D. 2,5 - 3,0 mmol/L
Explication : La fenêtre thérapeutique du lithium est étroite : 0,6-0,8 mmol/L en entretien (jusqu'à 1,0-1,2 mmol/L en phase aiguë). Au-delà de 1,5 mmol/L apparaissent des signes de toxicité (tremblements, diarrhée, vomissements). Au-delà de 2 mmol/L, le risque est vital (convulsions, coma). L'association lithium + AINS est contre-indiquée car les AINS réduisent l'élimination rénale du lithium et augmentent la lithiémie.
Question 15
Un patient reçoit de la vancomycine en IV. Quelle complication liée à une perfusion trop rapide devez-vous surveiller ?
- A. Syndrome de l'homme rouge (flushing cervico-facial, hypotension)
- B. Thrombopénie immune induite
- C. Néphrotoxicité immédiate
- D. Bronchospasme anaphylactique
Explication : Le syndrome de l'homme rouge (Red Man Syndrome) est une réaction anaphylactoïde non immune provoquée par une libération d'histamine lors d'une perfusion trop rapide de vancomycine. Il se manifeste par un érythème cervico-facial, une hypotension, des démangeaisons. La prévention repose sur une perfusion lente (durée ≥ 60 min pour 1g). La vancomycine est aussi néphrotoxique sur la durée, d'où la surveillance des taux résiduels et de la créatininémie.